QUAND LES CARAVANES DU BLEU CROISENT L’HISTOIRE DES HOMMES

 

 

Pour les premiers hommes, le bleu était peu présent dans la nature. Ils ne pouvaient s’approprier l’azur du ciel et de la mer : le bleu devait-être une couleur divine.  Pour amadouer les dieux, les Égyptiens inventèrent le premier bleu artificiel du monde.  Pour les Grecs, la couleur bleue n’avait pas la cote.  Pour les Romains, cette couleur leur rappelait les Gaulois qui les attaquaient le corps recouvert de poudre bleue, au point qu’avoir les yeux bleus pour une Romaine était  synonyme  de  mauvaise  vie.  Au Moyen Âge, la couleur bleue est devenue celle des rois (bleu roi), du pape et de la Vierge (bleu marial). Le 1er avril 1250, à la suite de la bataille de Damiette perdue par Saint Louis, le bleu fut opposé au vert de l’Islam triomphant. Mais il n’y avait pas de bleu pour teindre les vêtements en Europe. Le seul recours des teinturiers fut la culture d’une plante, l’isatis tinctoria : l’épopée du pastel toulousain au départ des ports de Bordeaux et de La Rochelle était en marche.